L’Histoire, un enseignement à ne pas négliger

Voici une version plus synthétique du texte paru le 12 décembre dernier.

Le sujet est d’importance et chacun devrait prendre conscience du risque que nous font encourir nos politiques en nous livrant pieds et poings liés à l’oligarchie financière anglo-saxonne et en ne réagissant pas à ce réarmement prévu de l’Allemagne.

Les façades politiques présentées par les médias ne reflètent pas forcément la Vérité et la « géoréalité » du monde. Allemands et Anglo-saxons ne sont que des alliés opportunistes qui ont montré depuis la fin du XIXè siècle que leurs seuls intérêts comptaient et qu’ils n’hésitaient pas à nous nuire pour tourner une situation à leur avantage. Entre déclarations de guerre, manipulations des traités et autres accords nos voisins d’outre-Rhin et d’outre-Manche ont toujours poursuivi un seul but : dominer la situation politique, économique, financière… en vue d’en faire bénéficier au mieux leurs desseins.

Depuis Bismarck l’Allemagne n’a eu de cesse d’assurer sa suprématie sur l’Europe et neutraliser la puissance et l’influence de la France. Après les affrontements directs des siècles passés, les Anglais, puis les Anglo-saxons n’ont jamais hésité à manoeuvrer pour prioriser leurs seuls intérêts. 

Nos voisins d’outre-Rhin

En seconde partie du XIXè siècle la Prusse développe une volonté d’unification des Etats allemands, alliés de l’Autriche inclus allant jusqu’à guerroyer au nord contre le Danemark et au sud contre l’Autriche pour réussir. La France soucieuse d’une éventuelle remise en question de sa position dominante sur l’échiquier européen s’en inquiète.

La tension monte entre Allemands et Français jusqu’à ce qu’une provocation de Bismarck incite Napoléon III à déclarer une guerre à laquelle la France n’est pas préparée. Un épisode relativement bref (19 juillet 1870 – 28 janvier 1871)auquel le traité de Francfort du 10 mai 1871 met fin avec l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine.L’efficacité de la politique d’Adolphe Thiers permet à la France de régler sa dette vis-à-vis du vainqueur dès 1873 et lestroupes d’occupation se retirent dès le mois de septembre de la même année.

Bismarck dévoile sans ambages sa volonté d’assurer la suprématie de l’Allemagne sur l’Europe et neutraliser puissance et influence de la France. La période post-guerre de 1870 voit la tension grandir entre les anciens belligérants, levainqueur craignant un esprit de revanche de la part du voisin d’outre-Rhin. Les Anglais refusent toute implication, se contentant d’observer sans manifester aucunement l’intention de s’engager dans l’équilibre politico-militaire de l’Europe malgré l’évidence de la volonté hégémonique allemande.

Conflits territoriaux, concurrence économique, développement des alliances stratégiques entraînent la constitution de 2 blocs : Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie (triple Alliance) opposés à France, Angleterre, Russie (Triple Entente)aboutissant à la première guerre mondiale en 1914.

La remontée en puissance de l’Allemagne durant la période de l’entre-deux guerres est le fruit du soutien des Anglais.

Lorsque prend fin la seconde guerre mondiale l’Allemagne se soumet aux Etats-Unis qui programment de l’utiliser comme instrument de conquête de l’Europe. Les Allemands n’ont qu’une seule et unique vision : leurs propres intérêtscomme le démontre leurs récentes manœuvres (économie, énergie, relations avec la Chine …) pour maintenir leurdomination des marchés.

Le comte von Moltke désignait en 1867 la France comme étant un « ennemi héréditaire ». Les Allemands n’ont jamais été nos amis et la notion de couple « franco-allemand » qui plaît tant aux journalistes et aux politiques n’existe pas. Un phantasme franco-français. La belle image de Mitterand et Khol main dans la main n’est qu’un cliché vendeur médiatiquement parlant d’une amitié qui n’existe pas vraiment. Mitterand y crut-il ?

Nos voisins d’outre-Manche

Refusant leur défaite de 1918 les Allemands protestent contre les obligations du traité de Versailles visant à l’indemnisation de la France et à la prévention d’un retour à une attitude belliqueuse de sa part. Ce en quoi les Anglais les soutiennent, s’opposant diplomatiquement à la France et favorisant le réarmement de l’Allemagne et l’avènement du nazisme et de Hitler.

Clemenceau préconise une extrême fermeté conscient de la survivance au Kaiser d’une puissante sphère d’influence composée d’officiers prussiens, de grands propriétaires terriens, d’industriels et d’une partie de hauts responsables de la police et la justice. L’attitude française refusant la pleine confiance à l’Allemagne dérange les Anglais craignant probablement un retour en puissance de la France sur la scène européenne, voire internationale susceptible d’une menace éventuelle à leur encontre sur le plan militaire. Le passé d’éternel ennemi persiste-il au fond de leur pensée ?

Sous l’influence d’un groupe très puissant (groupe de Milner) au sein du pouvoir britannique le soutien à l’Allemagne se renforce pour rivaliser avec le couple franco-russe. Dans le même temps les Anglais souhaitent accroître leur propre puissance avec l’appui de leurs dominions et des Etats-Unis. Leur objectif est de conserver une totale liberté d’action en limitant autant que possible les ambitions françaises et en manoeuvrant pour qu’Allemands et Russes en arrivent un jour à la confrontation.

Ils consacrent beaucoup d’énergie dès 1921 pour alléger le fardeau de l’Allemagne et empêcher la France de recourir à la force pour recouvrer les dommages de guerre qui lui sont dus. L’occupation de la Ruhr en 1923 par cette dernièredéclenche l’ire anglaise et ils vont jusqu’à envisager un renforcement de leur puissance militaire au cas où les Français deviendraient belliqueux à leur encontre.

Nos voisins d’outre-Manche craignent l’absence d’émergence d’une démocratie en Allemagne susceptible de recréer à terme une situation antagoniste entre les ex-ennemis du fait de la politique de Poincaré qui les obligerait peut-être à devoir s’allier à la France !!! Oh my God ! « Unthinkable, unimaginable … » pour un Britannique.

Ils s’emploient à entraver les décisions du Traité de Versailles réussissant habilement à bloquer l’action de la commission de désarmement. Ils s’évertuent en parallèle à empêcher que la Société des Nations (SDN) ne devienne un outil de sécurité internationale. L’orgueil britannique ne pourrait supporter l’idée qu’une institution supra-nationale n’intervienne dans son champ de souveraineté nationale et sont plus favorables en l’efficacité d’une pression économique plutôt qu’en un jugement d’une force internationale.

La France reste inquiète face à l’Allemagne n’ayant aucune garantie depuis 1919 que celle-ci ne réitèrera pas une agression. Les Français proposent des solutions pour se prémunir d’une éventuelle agression allemande que les Anglo-saxons, notamment les Anglais, réfutent l’une après l’autre. Ces derniers craignaient surtout de se retrouver impliqués dans une guerre à l’échelle européenne dont ils se sentent étrangers et restent persuadés que la France cherche un appui pour maintenir une prépondérance sur l’Allemagne.

Ils s’arrangent très habilement pour que les accords de Locarno (1925) leur confèrent plus de pouvoirs au détriment de la France, ce que nos politiques acceptent lâchement pour des raisons purement électorales ! La position britannique consiste à « promouvoir » un équilibre militaro-politique en Europe pour qu’eux-mêmes puissent se consacrer pleinementà un rapprochement avec leurs dominions et les Etats-Unis. Cette volonté de constitution d’un bloc anglo-saxon à part entière apparait clairement dès 1934. 

En mai 1935 la France fait entrer la Russie dans son groupe d’alliance orientale déclenchant une vigoureuse réaction duvoisin d’outre-Manche lequel, dans le mois qui suit, signe un accord naval avec l’Allemagne l’autorisant à atteindre 35% de la puissance militaire maritime britannique pour les bâtiments de surface et 100% pour l’arme sous-marine.

Par cet accord les Anglais mettent à disposition de leur « allié allemand » l’ensemble de la côte atlantique française, notreRoyale devant également se consacrer à la défense de la façade maritime ouest, de la façade méditerranéenne et del’empire colonial.

En mars 1936, les Anglais poursuivent leur politique anti-française en acceptant qu’Hitler réarme la Rhénanie et en signant en août de la même année un accord de non-intervention avec l’Espagne fragilisant la France sur sa partie sud. L’année suivante, toujours dans l’esprit de s’appuyer sur l’Allemagne pour empêcher une expansion bolchévique en Europe, ils vont jusqu’à d’accepter l’idée de sacrifier à la voracité allemande la Pologne, la Tchécoslovaquie etl’Autriche.

Les Anglais ont allumé la mèche mais perdu le contrôle de l’incendie ! L’ogre nazi ne leur fera pas de cadeau.

Au cours du second conflit mondial, Roosevelt tente d’écarter De Gaulle dont il pressent que celui-ci oeuvre pour le retour d’une France forte après la guerre et la conservation de son empire colonial. Ce que les Américains convoitent et envisagent d’exploiter à leur profit.

De Gaulle manoeuvre avec intelligence pour contre-carrer cette volonté de main-mise sur notre pays. Il est probable que le soutien de Winston Churchill s’appuyant sur l’idée que l’appétit américain serait susceptible de s’étendre aux richesses du Commonwealth une fois les hostilités terminées a été déterminant pour que les Américains ne réussissent pas le plan « AMGOT ».

Imaginer que les Etats-Unis sont entrés en guerre pour sauver les Français est une erreur. Le 6 juin 1944 ils répondent à l’appel de Churchill qui se doute que l’Allemagne finira par vaincre et surtout ils se doivent d’empêcher Hitler de dominer le continent européen. Eux-même envisagent de s’en approprier les richesses de l’Europe ainsi que celles des empires coloniaux français et probablement britanniques à terme. La politique américaine depuis les accords de Bretton Woods montre clairement cette volonté de domination de l’Europe.

Nous, Français

Le 27 février 2022 le chancelier Scholtz annonce que l’Allemagne va investir 100 milliards d’euros dans la Bundeswehr, l’armée fédérale allemande déclarant que « L’Allemagne disposera bientôt en Europe de la plus grande armée conventionnelle dans le cadre de l’Otan« .

Quel crédit, quelle fiabilité pouvons-nous accorder à l’Allemagne à la relecture de l’Histoire ? La doctrine de Bismarck est ancrée dans l’esprit allemand et les enseignements du passé ne peuvent que nous inquiéter. 

Le bloc anglo-saxon a montré qu’il est impossible de lui accorder notre confiance puisque sa priorité concerne ses propres intérêts quitte à piétiner ses alliés.

La France ne peut et ne doit pas accepter de se retrouver un jour en position d’infériorité militaire face à une Allemagnesoutenue par l’Anglo-saxon.

La France doit s’extraire de toutes les contraintes imposées par l’Anglo-saxon, se méfier de la remilitarisation de l’Allemagne et renouer des relations politiques, économiques, militaires …. avec des pays qui n’ont jamais manifesté la moindre velléité de nous dominer ou de nous nuire.

6 commentaires sur « L’Histoire, un enseignement à ne pas négliger »

  1. Excellente analyse. Personnellement, je n’ai jamais cru à l’amitié des Américains pour la France, à quelques exceptions près – ni surtout des Anglais, non plus que des Allemands ! La France est seule, c’est son destin et nos rois l’avaient bien compris ! Ils ne se laissaient pas berner, non plus que leurs ministres ! Hélas, depuis la « République » la France sombre car « gouverner » un pays ne s’improvise pas. C’est un long apprentissage, ce fut le cas avec nos monarques pendant des siècles… On m’objectera qu’à tel ou tel on doit des déboires mais, en dépit de leurs défauts, nos rois aimaient la France et savaient la protéger et la défendre, ce qui n’est plus le cas de nos dirigeants depuis la Révolution.

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