Insécurité

Une analyse pertinente qui devrait inciter nos responsables politiques à réfléchir sérieusement.


En 1996, les Pays-Bas ont atteint leur taux de criminalité le plus haut depuis que ces statistiques existent. Ce taux, élevé, était de 1,36%. Jusqu’aux années 2000, ce taux, malgré des variations, est resté au-dessus de 1% pour atteindre1,25% en 2003. À l’époque, les Néerlandais sont aux aguets. Leur pays est en proie à la violence et les prisons sont pleines.
Les autorités décident alors d’agir contre ce fléau et, inexorablement, le taux de criminalité baisse.
En quelques années, il passe sous les 1%. Et en 2020, il est de 0,62%. Le record néerlandais est atteint en 2016 avec un taux de 0,55%, soit 20 ans après leur pire année.
Sans surprise, les Pays-Bas se retrouvent dans les pays les mieux classés en termes de sécurité parmi les 50 pays listés.
La politique en matière de justice et de sécurité des Pays-Bas a été si efficace qu’aujourd’hui le pays loue ses prisons à ses voisins. Il y a 20 ans ces prisons débordaient !


En France en 2020, le taux de criminalité était de 1,35 %. Ce chiffre provient de la banque mondiale de données mais aussi de la Direction centrale de la Police judiciaire.
Depuis 20 ans, ce chiffre officiel stagne (sachant que les statistiques sous-estiment grandement la réalité car 1 Français sur 4 ne porte pas plainte selon le ministère de l’Intérieur lui-même).
Il reste donc deux fois plus élevé qu’aux Pays-Bas ! Et il correspond à la pire année des Pays Bas depuis 30 ans (1996) !
Pourtant la sécurité revient à chaque campagne présidentielle !!!!
Le sujet interpelle les Français chaque fois qu’un crime odieux est commis par un récidiviste. Une société française de plus en plus violente.
Ces chiffres cependant ne montrent pas la réalité de la délinquance.
En effet, le décompte des crimes et délits donne une indication très générale de la situation d’un pays mais ne permet pas de savoir ce que les habitants vivent réellement.
En effet, dans ce type de statistiques, le vol de portefeuille ou de vélo est décompté au même titre que les crimes atroces ou la violence ordinaire.
Or, il est évident qu’une société où des personnes se font passer à tabac tous les jours, en centre ville et aux heures de pointe n’a rien à voir avec une société où sont commis de petits larcins.
Et en France, c’est bien ce qui se passe.
D’après les chiffres du gouvernement, le nombre d’homicides est en hausse avec une augmentation de 55 victimes par rapport à 2020. Il s’élève à 842 victimes.
Les coups et blessures volontaires ont augmenté de 12% en un an !

Une présentation officielle du Ministère de la Justice donne une explication assez convaincante de la baisse de la délinquance aux Pays-Bas.

1/ À partir de 1992, alors que les chiffres de la sécurité étaient mauvais (mais meilleurs qu’en France aujourd’hui) les autorités néerlandaises ont décidé de faire de la sécurité une priorité nationale.
2/ Le pays a adopté une politique de répression effective. La Justice n’a plus rien laissé passer. Si un prévenu était condamné, sa peine était prononcée et appliquée de manière certaine. La justice néerlandaise préfère une petite peine moins sévère mais appliquée qu’une peine très sévère que personne ne va appliquer.

3/ Une politique active de prévention a été associée à la répression. Cette prévention se fait auprès :

– des délinquants potentiels : le gouvernement lutte activement contre le décrochage scolaire et informe notamment les adolescents de ce qui relève ou non de la délinquance.

– auprès des victimes potentielles : les citoyens sont encouragés à porter plainte et à faire attention à ce qui se passe autour d’eux. Les victimes sont mises au centre.

Le gouvernement a mis en place une stratégie ciblée à l’égard des organisations criminelles et notamment celles impliquées dans le trafic des drogues dures et l’exploitation des êtres humains. Cette volonté politique ciblée a porté du fruit même si pour le ministère de la Justice néerlandais, il reste encore fort à faire.

4/ Les gouvernements nationaux et l’administration centrale ont collaboré efficacement avec les autorités locales pour mettre en place cette politique de sécurité.

En France, à chaque nouvelle mandature, on créé de nouvelles lois.

Mais le problème ne vient pas uniquement des lois.

Il vient aussi d’une absence de réelle volonté politique d’en finir avec la délinquance.

Les solutions existent.

Il suffit de regarder ce qui se fait à quelques dizaines de kilomètres de chez nous !

Axelle T.

https://www.macrotrends.net/countries/NLD/netherlands/crime-rate-statistics
https://www.macrotrends.net/countries/FRA/france/crime-rate-statistics
https://www.tf1info.fr/amp/international/les-pays-bas-louent-des-prisons-vides-a-ses-voisins-2071394.html
https://www.interieur.gouv.fr/actualites/communiques/insecurite-et-delinquance-bilan-statistique-2021
https://www.researchgate.net/publication/360188832_Partnerships_in_preventing_organized_crime_in_The_Netherlands_Opportunities_and_pitfalls

3 commentaires sur « Insécurité »

  1. Ne vous fiez pas aux statistiques sur la délinquance, qu’elles soit françaises ou néerlandaises. Il faut voir de l’intérieur comment cela se passe. En France, les rubriques sont restées les mêmes mais on a changé au cours du temps les conditions d’entrée dans les rubriques de sorte à masquer une véritable augmentation catastrophique. Les coups et blessures volontaires auraient du augmenter dramatiquement depuis 10 ans mais on a modifier le critère coups et blessures, et beaucoup de vols avec coups et blessures sont par exemple reclassés en vols simples. En même temps, on bascule sur main courante des vols simples pour les faire échapper à la comptabilité, et j’en passe.
    Fréquentez des flics de direction, ils vous raconteront, mais uniquement anonymement

    J’aime

    1. Bonjour, merci pour ce complément d’information que je publie volontiers mais les statistiques officielles sont déjà sombres et beaucoup d’entre nous sont conscients que le pire est soigneusement caché. Un brigadier de la police nationale me disait récemment « les ordres de la hiérarchie sont PAS DE VAGUES ». Le carriérisme bat son plein dans la fonction publique et plus « on grimpe dans les étages » plus on se heurte à des carriéristes.

      J’aime

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