Enrichir l’État, soulager le contribuable

La solution de facilité des « élites » gouvernant la France consiste à inventer de nouvelles façons de faire payer le contribuable en créant de nouveaux mots pour masquer le terme « impôts » (taxe, surtaxe, contribution, charge, levée, redevance, congé…). Ne serait-il pas temps que ces grands seigneurs de la pensée se penchent sur l’énoncé du problème et, de par leur science, élaborent des solutions intelligentes en vue de dénicher d’autres sources de financement des besoins de l’État.

Ayant fait de grandes études, usés leurs fonds de culotte sur les bancs des plus grandes écoles, n’est-ce pas une preuve, sinon d’intelligence, au moins de capacité à la réflexion et à la résolution de problèmes complexes ?

La réindustrialisation du pays, le développement des infrastructures portuaires et des prolongements par les axes routiers, fluviaux, ferroviaires compte-tenu de l’importance de notre façade maritime et de nos ports semblent être des sujets intéressants à explorer. Tout comme la modernisation de la législation du travail et de la mise en relation de l’offre et la demande en matière d’emploi basée sur l’adaptation au monde moderne. Pour quelles raisons ne s’y attachent-ils pas ?

D’autres pistes à explorer pour ces « élites » en matière de ressources financières pour l’État : 

– lutte contre la fraude aux prestations sociales

– lutte contre la fraude fiscale

– analyse des potentialités d’économie dues aux dépenses inutiles des entités de la fonction publique

– suppression de contributions diverses et variées telles celles versées aux médias (détenus pour la plupart par des milliardaires!), aux syndicats qui devraient être capables de subvenir à leurs propres besoins en jouant une rôle de syndicat et hors de toute action politique, à la plupart des associations qui n’ont pas vraiment d’intérêt pour le bien public, à ces nombreuses commissions crées bien souvent pour recaser un politique en mal de siège dans une quelconque assemblée …

La liste est longue et certainement très enrichissante pour l’État. Qui plus ce serait aussi une source d’allègement de la pression fiscale sur le contribuable.

Par exemple, la fraude aux prestations sociales.

À la demande de la commission des affaires sociales du Sénat, la Cour des Comptes a réalisé une enquête sur la lutte contre les fraudes aux prestations sociales, qui représentent à la fois une atteinte au principe de solidarité et un coût financier élevé.


En 2019, les principaux organismes sociaux ont détecté 1 Md€ (1 000 000 000 €) de préjudices à ce titre. Grâce à la professionnalisation croissante de cette activité, les résultats financiers de la lutte contre les fraudes augmentent année après année. Toutefois, en l’absence d’estimation du montant des fraudes pour la plupart des prestations, la portée des progrès réalisés ne peut être appréciée et l’impact des contrôles réalisés demeure faible.


La lutte contre les fraudes se concentre sur la recherche a posteriori des irrégularités, alors que celles-ci pourraient souvent être empêchées a priori, dès la gestion courante des prestations. Un changement d’échelle apparaît indispensable pour tarir les possibilités systémiques de fraude, mieux détecter les fraudes commises et sanctionner plus efficacement leurs auteurs sur le plan financier.

En 2019, les principaux organismes sociaux ont détecté 1 Md€ ( 1 000 000 000 €) de préjudices subis ou évités au titre de fraudes avérées ou suspectées. Ce montant connaît une augmentation continue.

Les fraudes détectées se concentrent sur le revenu de solidarité active, la prime d’activité et les aides au logement pour les caisses d’allocations familiales (CAF) ; les professionnels de santé et les établissements de santé pour les caisses primaires d’assurance maladie ; le minimum vieillesse pour les caisses de retraite ; les reprises d’activité non déclarées pour Pôle emploi.

Ces progrès s’expliquent par des moyens humains globalement préservés (près de 4 000 agents affectés à la réalisation de contrôles), une efficacité croissante des contrôles a posteriori des organismes sociaux et l’étendue des moyens d’investigation qui leur sont accordés.

L’impact des contrôles est mal mesuré et reste faible.

Seule la branche famille estime le montant des fraudes qu’elle subit (2,3 Md€ en 2018), mais celles effectivement détectées par les CAF en représentent une faible part (13 %). L’assurance maladie et la branche vieillesse, quant à elles, n’estiment pas le montant des fraudes, si bien qu’il est impossible d’apprécier l’impact réel de leurs contrôles. De son côté, Pôle emploi s’est engagé à procéder à une estimation périodique.


Plus globalement, en prenant compte à la fois les erreurs et les fraudes, les organismes sociaux perdent en tout état de cause des sommes importantes. En 2018, les CAF ont versé à tort, de manière définitive, environ 3 Md€, soit 4,5 % du montant total des prestations. Pour 2019, l’assurance maladie estime à 1 Md€ le montant des factures irrégulières réglées aux professionnels et aux établissements de santé, mais ce montant ne comprend pas les séjours dans les établissements de santé publics et privés non lucratifs. Il est donc nettement sous-estimé.

Ces pertes élevées démontrent que les contrôles ne sont pas suffisamment nombreux au regard de l’ampleur des risques de fraudes et d’erreurs.

Un changement d’échelle s’avère indispensable. Le principal enjeu est de tarir les possibilités systémiques de fraude, en passant d’un nombre réduit de contrôles a posteriori à une démarche de sécurisation systématique a priori de la gestion des droits et des prestations sociales, qui repose sur un système déclaratif trop ouvert dont le resserrement est nécessaire.

Ce resserrement devrait concerner notamment les comptes bancaires sur lesquels sont versés les prestations, la conformité des facturations des professionnels et des établissements de santé à la réglementation et aux prescriptions médicales, les assiettes salariales des droits sociaux déclarées par les employeurs, les montants de ressources et les situations professionnelles déclarées par les bénéficiaires des prestations, les logements supportant des aides et les cartes Vitale. Un accent particulier devrait être mis sur l’objectivation et la résorption de l’important surnombre de bénéficiaires de droits ouverts – exercés ou non – à des prises en charge de frais de santé par l’assurance maladie.

La recherche et la sanction des fraudes doivent aussi faire l’objet de progrès.

La Cour formule 15 recommandations visant notamment à :

  • apprécier l’ampleur de la fraude aux prestations et les résultats obtenus, pour objectiver les progrès réalisés et mettre en œuvre les mesures adéquates ;
  • tarir les possibilités systémiques de fraude : circonscrire les usurpations d’identité, fiabiliser les données servant à établir les prestations et gérer de manière plus rigoureuse les droits et les prestations d’assurance maladie ;
  • mieux prévenir, intensifier et faciliter la recherche de fraudes, en développant les contrôles sur place, les plus poussés, en étendant la mutualisation des informations entre organismes sociaux et avec les administrations de l’État et en créant une unité transversale pour mieux lutter contre les fraudes sophistiquées ou en bande organisée ;
  • sanctionner plus efficacement les fraudes sur le plan financier, notamment pour l’assurance maladie, en recouvrant plus efficacement les sommes liées à des fraudes détectées, et en recourant davantage, en fonction de la gravité des faits, au déconventionnement des professionnels de santé.

Les compétences de nos « élites » pour élaborer des solutions ne font aucun doute, encore faudrait-il qu’ils en prennent le temps et s’y intéressent enfin !

Gérard Emile

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