Radicalisation islamiste

Première partie.

Le rapport N° 595 du Sénat établi au nom de la commission d’enquête sur les réponses apportées par les autorités publiques au développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre est suffisamment alarmant pour que nos politiques prennent le temps de réagir et d’entamer des actions efficaces pour nous protéger.

Est-il nécessaire de commenter ce rapport ? Une simple lecture de quelques extraits de l’introduction et de la table des matières suffit à nous éclairer sur l’incidence de l’islam sur la société française.

Devons-nous accepter cette situation ? Devons-nous nous plier aux exigences d’une communauté quelqu’elle soit ?

L’intégralité du rapport est disponible sur le site www.senat.fr

En première partie examinons quelques extraits de l’introduction du dit rapport 

Introduction (extraits) 

À l’issue de ses travaux, la commission d’enquête a d’abord pour volonté de présenter un constat qui s’est construit progressivement, au fil de ses auditions. Au-delà des convictions et des expériences de chacun, la réalité de la radicalisation islamiste s’est imposée par la multiplication des témoignages de terrain, dépassant la divergence des analyses et des prises de position parfois tranchées. L’accusation réciproque d’arrière-pensées quand il est question de l’islamisme (complaisance voire complicité d’un côté, essentialisation voire racisme de l’autre) ne doit pas masquer une réalité dont la gravité ne saurait être négligée.

Ce constat est le suivant : ….. une minorité de la population française de confession musulmane1(*) tend à adopter un comportement dont l’intransigeance prend prétexte de la religion. Ce comportement prescriptif sur le plan des moeurs tend à faire du religieux l’unique mode de rapport aux autres. Cela relèverait d’une dérive sectaire si le repli sur soi et le sentiment d’élection n’étaient liés à un projet de transformation de la société et à une action militante de terrain...

…À l’aune de ces valeurs, la France considère que la citoyenneté prime sur toute autre appartenance, notamment religieuse….Tous les individus sont égaux aux yeux de la loi, mais tous leurs choix ne le sont pas, soit qu’ils contraignent la liberté des autres, soit qu’ils troublent l’ordre public, soit qu’ils portent atteintes aux valeurs de la République….

Mais rien ne peut justifier qu’au sein de la République certains se définissent d’abord, voire uniquement comme croyants et demandent la reconnaissance de cette croyance. Tous les Français sont citoyens.

…Cette commission d’enquête vient à la suite des travaux du Sénat liés à la situation de l’islam en France et des nombreux rapports déjà consacrés au risque djihadiste2(*), mais elle s’en distingue. Ce n’est ni l’organisation du culte musulman en France, ni surtout l’action violente, ou le risque de violence qui a suscité la constitution de cette commission d’enquête, mais la diffusion des comportements qui remettent en cause le vivre ensemble et portent atteinte directement à la liberté de conscience, à l’égalité entre les hommes et les femmes et aux droits des personnes homosexuelles.

…Malgré des signes parfois contradictoires, on ne peut que constater l’essor d’une nouvelle orthopraxie des personnes de confession musulmane… Mais ce renouveau religieux s’accompagne pour certains d’une volonté d’affirmation de leur croyance dans l’espace public, dans l’entreprise, dans l’école, et de reconnaissance par les institutions et les services publics, ce qui entre en conflit avec les lois de la République et la laïcité. Le sondage réalisé par l’IFOP auprès des personnes de confession musulmane en France et publié en septembre 2019 pour l’Institut Jean Jaurès et le Point3(*) marque l’évolution de ces attitudes depuis 1989. D’après cette étude, 27 % des personnes interrogées sont d’accord avec l’idée que « la charia devrait s’imposer par rapport aux lois de la République »4(*). En 2016, l’Institut Montaigne, dans son rapport intitulé La Fabrique de l’islamisme considérait pour sa part que 28 % des musulmans de France « ont adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République ».

…La nécessité de protéger la population contre les atteintes à sa sûreté et à sa vie est légitimement au coeur de l’action de l’État. Elle ne doit pas pour autant conduire à masquer l’impact de la radicalisation islamiste dans la vie quotidienne sur les territoires de la République. …

…La réalité de l’islam politique, et l’activisme de groupes structurés porteurs du projet de faire prévaloir la religion dans l’État a pourtant été affirmée par toutes les autorités publiques. Que ces groupes soient explicitement liés à des mouvements connus comme porteurs d’une idéologie islamiste, notamment les Frères musulmans ou le salafisme, ou que leurs allégeances soient plus floues, ils poussent à la confrontation avec l’État et les valeurs républicaines. Qu’ils soient à l’origine de revendications ou viennent à leur appui, leur rôle de minorité agissante doit susciter une action d’entrave de la part des services de l’État.

Mais la réponse ne saurait se limiter à des mesures de police, d’autant que l’islam radical avance en se présentant comme victime de la répression d’un État tout puissant et, à leurs yeux, nostalgique d’un passé colonial. Surtout, l’islam radical est polymorphe, s’insinuant dans tous les aspects de la vie sociale et tend à imposer une nouvelle norme sociale en se prévalant de la liberté individuelle. La réponse doit donc aussi être politique et non partisane. …

…Elle (la France) permet à tous ceux qui ne souhaitent pas vivre l’intégralité de leur vie selon de principes religieux de trouver d’autres espaces d’expression et d’interaction. Elle permet de trouver le partage dans le respect des différences.

La commission d’enquête relève qu’un point a pu faire consensus parmi les personnes auditionnées : la mise en échec de la politique de la ville par la concentration dans des quartiers de populations de même origine géographique.

…Comme le notait le président du Conseil français du culte musulman, il faut éviter le traitement « sociologique » de l’islam, qui interprète les comportements religieux au travers de la situation des populations qui le pratiquent. Cette approche aboutit trop souvent à la minimisation du radicalisme, vu comme une simple crise d’adaptation à la modernité, voire à ce que le Professeur Vermeren a dénoncé comme la « folklorisation de l’islam ». Cette attitude empreinte de condescendance tend à faire des comportements radicaux et du refus des lois de la République un trait culturel qui serait propre à certaines populations. Elle débouche aussi sur une victimisation qui refuse d’attribuer quelque tort que ce soit à des acteurs vus uniformément et abusivement comme défavorisés et réprimés. S’il est incontestable que les inégalités sociales et les discriminations nourrissent le radicalisme, les lois de la République doivent s’appliquer à tous de la même manière. Ce sont les écarts dans cette application qui crée des injustices. Le radicalisme islamiste n’est pas la seule forme de radicalisme politique et religieux ; mais, comme toutes les formes de radicalisme, il doit être traité à la mesure du danger qu’il représente pour la société française, sans faux-semblants.

La commission d’enquête relève que les groupes porteurs des revendications de l’islam radical refusent de venir devant la représentation nationale, si ce n’est sous la menace de contrainte, en utilisant parfois des subterfuges. Le collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) n’a ainsi envoyé pour son audition aucun de ses membres, mais deux personnes apparemment non informées et non représentatives de ses positions, tandis que le président de l’association Musulmans de France (ex-Union des organisations islamiques de France) injoignable malgré de multiples relances8(*).

…Dans le droit fil de la mission d’information de Nathalie Goulet et André Reichardt sur lIslam en France9(*), la commission d’enquête a cependant refusé de s’engager dans un débat sur la structuration et a fortiori sur le contenu de la religion musulmane. L’islam existe de par le monde dans sa diversité, il na pas à être « de France ». La religion appartient aux croyants. La commission d’enquête note que le chef de l’État et le Gouvernement continuent à considérer qu’il leur appartient d’oeuvrer pour la structuration de la religion musulmane en France, en dernier lieu en utilisant le levier du financement. Si la commission estime nécessaire que le ministre de l’intérieur, en charge des cultes, s’intéresse à leur fonctionnement, elle souligne cependant que toute intervention de l’État tend à légitimer ses interlocuteurs, spécialement si elle vise à soutenir un projet. Les expériences menées en ce domaine depuis plus de vingt ans doivent inciter à la plus grande prudence.

….La commission d’enquête note qu’au-delà des querelles internes nombreuses qui agitent cette science humaine censée décrire la réalité sociale et de la subjectivité parfois militante des auteurs, tous constatent le renouveau musulman des années 2000 et l’action tant de groupes militants que d’individus cherchant à faire prévaloir la norme religieuse sur les lois de la République, même si leurs analyses divergent sur la portée de ces mouvements.

La commission relève cependant que le risque d’action terroriste ne doit pas conduire à minimiser le danger posé par le radicalisme islamique quand il agit par le prosélytisme, qui est légal tant qu’il n’appelle pas à la haine et à la discrimination, voire par la pression, qui, elle, est réprimée par la loi.

…L’islam est aujourd’hui une religion qui a trouvé sa place dans la société française. Mais le problème de l’islam radical, pourtant visible par ceux qui en avait fui les conséquences, a été trop longtemps négligé. Dans certains lieux de cultes oeuvrent encore des prêcheurs appelant, dans des discours conçus pour masquer leur message réel aux autorités publiques, à la haine et à la discrimination. Certains de ces prêcheurs sont étrangers, mais d’autres sont Français. Il s’agit donc bien aussi d’une question interne à la France, et non uniquement d’un problème de relations avec des États étrangers, même si la commission d’enquête salue l’annonce de la fin des imams détachés. Touchant des étrangers vivant en France, mais aussi, et de plus en plus, des citoyens français qu’ils soient d’origine étrangère ou non, l’islam radical n’est pas non plus le fait singulier d’une ou plusieurs nationalités, voire « ethnies », ou des seules personnes issues de familles musulmanes, ou même d’une classe sociale. Le zèle des convertis les pousse tout aussi bien à l’islam radical que les hasards de la naissance.

…Surtout, au-delà des seuls lieux de culte, on assiste à la constitution dans certains quartiers d’un écosystème islamiste constitué de commerces alimentaires, de vêtements ainsi que de débits de boisson s’appuyant sur une norme halal, notion dont l’expansion récente et artificielle a été mise en évidence par Florence Bergeaud-Blackler. Renforcée par une propagande utilisant l’apprentissage de l’arabe coranique, la diffusion d’une littérature extrémiste dans les librairies spécialisées et sur les stands de marché, la volonté d’imposer un islam radical s’appuie également sur un discours majoritaire sur internet et les réseaux sociaux. Sur la base de ses travaux, Hugo Micheron a déclaré à la commission d’enquête : « Je vous invite à prendre conscience que Google est salafiste. »10(*)

…Il s’agit, par la pression sociale et idéologue, de renfermer la vie des habitants de ces quartiers, de disqualifier toute autre perspective, de les séparer de leurs concitoyens et de leur pays de naissance ou d’accueil.

…La commission estime de la plus haute importance que la police des cultes, tombée en désuétude mais dont les principes clairs ont été fixés en 1905 pour protéger contre la pression religieuse et éviter l’immixtion du religieux dans le politique, soit réactivée. Elle considère également que, malgré la nécessité des mesures de police administrative, la judiciarisation des cas de radicalisation islamiste et le recours au droit pénal sont insuffisants alors même que ces comportements peuvent, pour nombre d’entre eux, être qualifiés d’infractions pénales.

…La commission souhaite également que le lien entre les élus locaux sur la question du radicalisme islamiste soit renforcé pour qu’ils soient informés et accompagnés dans la détection de faits de radicalisation et la prise de décisions parfois difficiles sur le plan local quand il s’agit de s’opposer à certaines revendications.

…La commission est enfin convaincue que la lutte contre l’islam radical passe désormais par la protection des droits de l’enfant et particulièrement des filles qu’il faut protéger tant des pressions dont elles peuvent faire l’objet que de la radicalisation, dans le temps scolaire mais aussi périscolaire et extra-scolaire, comme dans les activités sportives et associatives. La commission a donc souhaité rendre compte de manière précise des défis auxquels font face les administrations en charge de ces questions : l’éducation nationale, dans l’école de la République et face au développement de l’enseignement hors contrat et de l’enseignement à domicile ; la jeunesse au travers des activités de soutien scolaire, d’enseignement et d’accès à la culture ; enfin les sports, mais aussi les clubs et fédérations. Elle a recensé les actions mises en oeuvre ou envisagées. Inabouties dans le domaine sportif, en raison des choix de la ministre, les actions engagées par l’Éducation nationale et annoncées par le secrétaire d’État chargé de la vie associative marquent en revanche un engagement à la hauteur de l’enjeu.

…La commission d’enquête formule 44 propositions destinées à permettre à la République de faire face à cette situation minoritaire mais profondément déstabilisatrice de notre société. Les islamistes ne peuvent pas prendre le pouvoir en France mais ils cherchent à séparer et à contrôler une partie de la population française et à faire pression sur tous pour faire accepter cette situation.

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